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De « l’attiéké » produit par des guinéennes, toute une réussite (interview)! | Ambassade de Guinée au Canada

De « l’attiéké » produit par des guinéennes, toute une réussite (interview)!

L’attiéké est un aliment fait à base de manioc. Spécialité ivoirienne, il a été longtemps importé de ce pays voisin qui est la Côte d’Ivoire. Des commerçantes guinéennes allaient chercher des sacs de boules d’attiéké ivoirien pour venir les vendre en Guinée. Mais avec la guerre dans ce pays, la production du manioc a baissé ; du coup, les femmes ne produisaient de l’attiéké que pour la consommation locale. Conséquence, le ravitaillement de la Guinée s’en est trouvé bloqué. Avec de graves répercussions sur la vie de celles qui en avaient fait leur commerce favori.A l’image de Mme Fatoumata Traoré qui n’a pas tardé de trouver une solution de rechange à savoir, l’apprentissage de la transformation du manioc avec les femmes ivoiriennes pour venir tenter l’expérience en Guinée, aussi pays producteur de manioc. Aujourd’hui, Fatoumata Traoré gère sa petite affaire de production et de vente d’attiéké « made in Guinea » qui lui a permis, outre l’entretien de sa famille, d’avoir sa voiture personnelle. Lisez plutôt l’entretien que nous avons eu avec elle.

Guinéenews© : Bonjour Mme, présentez vous à nos lecteurs

Fatoumata Traoré : Je m’appelle Fatoumata Traoré, j’étais commerçante et je partais en Côte d’Ivoire pour ramener de la marchandise y compris de l’attiéké. Mais quand je me suis rendue compte que les gens aimaient beaucoup cet aliment, j’ai fini par ne vendre que cela.

Guinéenews© : Mme, vous l’avez dit, vous le vendiez mais aujourd’hui, vous le produisez. Comment en êtes vous arrivée là ?

Fatoumata Traoré : Oui, quand je partais en Côte d’Ivoire, je pouvais faire un mois dans l’attente de mes commandes. Il y a des moments où j’étais désœuvrée et à ces moments, je partais tenir compagnie aux femmes qui transformaient le manioc en attiéké. Il y avait parmi ces femmes, une dame à qui j’ai demandé de m’apprendre la technique. Elle m’a dit de payer pour mon apprentissage. J’ai payé un peu d’argent à celle-ci et elle a pris tout son temps pour m’apprendre à faire comme elle. Mais au bout d’un moment, je me suis rendue compte que la transformation de l’attiéké était très difficile et contraignant. Alors j’ai continué à acheter des sacs de sachets d’attiéké avec ces femmes pour les transporter en Guinée par avion. Jusqu’à ce que la crise en Côte d’Ivoire arrive et perturbe tout. Il n’y avait plus de vols réguliers sur la Côte d’Ivoire et la situation était dangereuse là-bas. Je suis restée bloquée en Guinée et mon fonds de commerce commençait à fondre. Alors, je suis allée voir un groupe de femme à Kaporo qui avait commencé à le faire et j’ai commencé à en prendre avec elle pour le revendre. Mais ce n’était pas beaucoup avantageux pour moi. Donc je me suis dit pourquoi ne pas essayer de transformer le manioc guinéen en attiéké comme me l’avait appris les ivoiriennes. Un soir j’ai décidé et j’ai fait mais ça n’a pas réussi. Un jour j’ai croisé une dame qui a fait toute sa vie en Côte d’Ivoire qui m’a dit d’aller la voir pour qu’elle me montre les petits secrets pour que la transformation réussisse. Elle m’a donné à cette occasion un tamis et une autre qui est à kindia m’a donné une petite machine à presser. Une manière pour ces femmes de m’encourager dans ce que je voulais entreprendre. Donc je vais au marché de Matoto chercher du manioc, je viens avec, les épluche et les lave avant de commencer le travail. J’ai pris trois personne à mon compte plus moi-même ça fait quatre. A quatre, nous faisons tout le boulot du début à la fin.

Guinéenews© : Quels sont les équipements utilisés ?
Fatoumata Traoré :
Un tamis, une machine à presser, la marmite pour faire cuire, une machine à broyer que je n’ai pas pour le moment par manque d’argent. Donc on broie à la main à l’aide d’une rappeuse traditionnelle.

Guinéenews© : Comment se fait la transformation, qu’est ce qu’il faut pour avoir un bon attiéké ?
Fatoumata Traoré :
Il faut tout d’abord du manioc et du bon. Du ferment, un petit mélange, de l’huile rouge pour que la couleur soit jaune moutarde ou de l’huile d’arachide pour que ça soit un peu jaune ou tout simplement blanc. C’est selon les vœux du client. Si je voie que le manioc acheté ne cuit pas bien, je le fait pourrir pendant deux jours pour ne pas que l’attiéké soit collante et de mauvaise qualité. Il y a plusieurs sortes d’attiéke. Il y a du Garba qu’on fait habituellement en Guinée comme en Sierra Léone, il y a Ayoukro et Ebrié à la façon ivoirienne. Je fais tout cela aujourd’hui sans aucun problème. Il n’y a aucune différence entre l’attiéké que l’on prend en Côte d’Ivoire et celui que moi je fais aujourd’hui. Les clients se bousculent pour les commandes et j’en suis fière.

Guinéenews© : Quel est le coût de la transformation ? Et combien gagnez vous à peu près ?
Fatoumata Traoré :
Un sac de manioc bien plein peut donner 90 à 100 boules d’attiéké. Un sac de manioc, je l’achète à 170 000 fg. La transformation entière me prend deux jours et je vends une boule à 4000 fg. Le travail est difficile mais ça me rapporte d’où mon courage. Je regrette même pourquoi j’ai retardé sans le faire. Aujourd’hui, j’embauche trois personnes et j’arrive à m’en sortir avec la famille. J’ai même réussi à avoir une petite voiture 309 dans ce travail donc Dieu merci.

Guinéenews© : Avez-vous un message ?
Fatoumata Traoré :
Moi, mon mari ne travaille pas depuis plus de 15 ans et même s’il travaillait, je n’allais pas m’asseoir et lui tendre la main tout le temps. La femme doit travailler au même titre que l’homme parce que même si ton mari a l’habitude de te donner, un jour il peut ne pas te donner. Mais si tu travailles, ce jour toi aussi tu peux le dépanner. Mon message va à l’endroit des femmes. Je dis aux femmes de se lever pour faire du sérieux pour elles mêmes, leurs familles et leur pays la Guinée. Makalé Soumah, Guinée News, 3 juillet 2012

Publié le Vendredi 6 juillet 2012 dans Revue de Presse
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