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Séminaire sur Conception et Fondement de l’Etat pour un Développement Durable Guinée, Transition d’un Etat Fragile vers un Etat Moderne et Stable. Discours de clôture du Président de la transition | Ambassade de Guinée au Canada

Séminaire sur Conception et Fondement de l’Etat pour un Développement Durable Guinée, Transition d’un Etat Fragile vers un Etat Moderne et Stable. Discours de clôture du Président de la transition

Madame la Présidente du CNT,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire et Représentants des Institutions Internationales,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Je remercie les uns et les autres de m’avoir invité à prendre part à cette rencontre du donner et du recevoir qui intervient dans un contexte particulier de l’histoire de la Guinée et de l’évolution de notre jeune Etat, dont le principal défi aujourd’hui est de rétablir son autorité depuis longtemps bafouée. Comment? En luttant sans merci contre l’insubordination et toute velléité de le saborder et de le domestiquer, soit en niant son existence ou en voulant le soumettre à des intérêts particuliers.

A cet égard, chacun de nous doit se soumettre à un minimum de scrupule, à la discipline pour que ce grand corps malade qu’est l’Etat guinéen recouvre sa plénitude mais surtout que l’effort de développement national ne soit pas vain. J’insiste, sans discipline, notre pays ne sera pas respecté et stable et ne pourra jamais combler son retard considérable.

Chers participants,

La Guinée vient de franchir une étape importante dans son processus de transition qui, ici comme ailleurs, suscite d’infinis espoirs quant à la renaissance guinéenne, à la redynamisation de notre Etat affecté par une longue léthargie, quant à la reconstitution de notre tissu politique, économique et social.

Il s’agit bien entendu de l’organisation du premier tour de la première élection présidentielle transparente et équitable depuis l’accession de notre pays à l’indépendance.
C’est un tournant dans notre histoire, dans la conduite de la transition qui nous permettra de renouer avec l’ordre constitutionnel et par la même occasion de restaurer le prestige de notre Etat.

Le scrutin qui vient de se tenir a été l’occasion d’affirmer la capacité de notre pays à relever les défis mais donne aussi la pleine mesure de notre engagement à tous à doter la Guinée après plusieurs années de retards et d’échecs, d’un Etat debout, fort, stable, respectueux de la liberté, de la dignité humaine, des Droits de l’Homme et résolument tourné vers le progrès.

Cet État-Ià qui a tant manqué à la Guinée et que nous pensons désormais est possible avec notre prise de conscience, l’expérience acquise depuis que nous sommes maîtres de notre destin. Il y a surtout l’horizon démocratique qui laisse entrevoir un Etat qui nous reconnaît et que nous reconnaissons aussi donc pleinement légitime et forcément stable et fort.

Distingués invités,

Notre pays, la Guinée, n’a pas réussi dans le passé à assurer l’équilibre entre un Etat fort respecté de tous en même temps “humain” c’est-à-dire acquis au progrès et à la liberté, un Etat au service du développement économique et social.
Tout le long de notre histoire tumultueuse, nous avons tout aussi souffert du poids d’un Etat qui s’est comporté souvent en monstre sacré que d’une absence dramatique de l’autorité qui fonde son mythe.
A notre époque, avec l’aspiration profonde des peuples du monde à toujours plus de liberté et de droits, quel type d’Etat pour concilier le besoin d’Etat et l’exigence de liberté: Plus d’Etat ou moins d’Etat?
A ce propos, je voudrais vous féliciter vous organisateurs et participants à ce séminaire pour avoir initié cet échange qui va nourrir notre réflexion au tour d’un sujet d’une brûlante actualité en cette phase de transition dont la finalité est d’organiser des élections mais dont l’enjeu demeure d’ouvrir de grands chantiers pour le renforcement des bases de notre Etat et le perfectionnement de notre administration publique.
Vous avez choisi un thème qui nous interpelle ici et maintenant pour gagner le pari d’une transition réussie: L’Etat moderne au service du développement” Guinée: transition d’un Etat fragile vers un Etat moderne et stable”.

Distingués invités,

Ma conviction personnelle est qu’un Etat tire sa force et sa légitimité, sa stabilité et son honneur de la reconnaissance, de l’adhésion pleine et entière voire de l’acceptation des citoyens de l’ordre établi, des pouvoirs publics.

Pour ce faire, il appartient aux citoyens de choisir leurs institutions et les personnalités appelées à les incarner pour parer à la crise de confiance entre la base et le sommet, et le manque de légitimité de l’Etat qui sont à l’origine de l’instabilité politique et de la précarité de nos institutions. A cet égard, l’expérience guinéenne est une véritable école, un exemple’ pratique

Mesdames et Messieurs,

Après l’euphorie du vent de démocratisation qui a soufflé sur notre pays au début des années 90 et l’espoir des premières élections pluralistes, la Guinée a été confrontée à une crise politique et institutionnelle sans précédent.
Après les deux mandats du Général Lansana Conté, le pays a attendu l’alternance, s’est attendu à un changement parce que la constitution qu’il avait fait adopter lui-même massivement par les guinéens ne lui permettait pas de briguer un nouveau mandat.

Malheureusement, une révision constitutionnelle controversée a  été opérée pour faire sauter le verrou constitutionnel et prolonger les jours d’un pouvoir que l’usure du temps et une vague de contestation avaient déjà sérieusement ébranlé.

Dès lors, il y a eu un grand recul démocratique et une rupture de confiance totale. Le mandat qu’on pourrait qualifier de trop a été exercé dans un climat de défiance et de méfiance qui a fragilisé la République et ses institutions et miné profondément la société guinéenne, en particulier, une classe politique dépassée par les événements et pêchant par un manque de cohésion en son sein.

Le fonctionnement de l’Etat, des institutions, de l’économie, bref la gouvernance politique et économique a davantage souffert de la longue maladie du président Conté qui a occasionné une vacance de pouvoir avant la lettre, une profonde crise au sommet de l’Etat caractérisée par la faillite des institutions, le délitement de l’Etat, la défiance à l’encontre des autorités, de graves dérives économiques et financières.

Mesdames et Messieurs,

Ainsi lorsque le président Conté a été rappelé à Dieu, la question de la succession s’est posée avec acuité dans la mesure où la continuité de l’Etat que devait garantir nos institutions, si elles étaient reconnues et acceptées de tous n’a pas été rendu possible.
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Dès lors, l’Armée était le seul recours pour maintenir les grands équilibres d’un Etat et d’une nation fragilisés par une querelle de légitimité et de succession, une série de crises politiques et sociales: mutineries militaires, grèves à répétition, la valse des décrets contradictoires…

L’avènement de l’Armée au pouvoir considéré comme une nécessité politique et historique pour éloigner le spectre de la violence et de la confrontation cependant pour paraître légitime et justifié devait combler des attentes: l’organisation dans un délai court d’élections libres et crédibles pour permettre à la Guinée grâce à l’arbitrage et l’interposition de l’Armée dans son rôle d’autorité de transition de connaître une démocratie qui ne soit ni une comédie, ni une parodie.

Un espoir de démocratie qui a été favorablement accueilli surtout que d’autres engagements avaient été également pris dans le sens de rétablir l’autorité de l’Etat et de promouvoir une meilleure gouvernance: lutte contre la drogue, le grand banditisme, la délinquance économique et financière…

Distingués invités,

Hélas, le clientélisme et la démagogie, le mensonge et les travers que le nouveau régime s’était engagé à éradiquer de la société guinéenne ont refait surface et nourrit une ambition de pouvoir qui a provoqué le revirement de l’opinion nationale et internationale.
A nouveau, un sentiment de méfiance est né entre l’autorité publique et les populations à la base.
Celles-ci le 28 septembre 2009 ont fait entendre leur voix pour exiger le respect des engagements.

Confronté à la grogne populaire et un acte de défiance frontal, sans expérience ni légitimité, le pouvoir s’est livré à une répression sanglante dont il ne pouvait se relever condamné et déjugé à travers le monde.

Je vous prie de bien vouloir observer une minute silence en la mémoire de ces innocentes victimes et de tous les martyrs de la liberté et de la démocratie dans notre pays.

Un autre acte de violence va donner le coup de grâce: le Président Dadis sera victime d’une tentative d’assassinat. La Guinée qui, le 23 décembre 2008, a rêvé d’un profond changement qui allait bouleverser son destin en débouchant sur une refondation totale de l’Etat et des institutions légitimes et démocratiques s’est retrouvée à la croisée des chemins.

Mesdames et Messieurs,

C’est dans ce contexte d’angoisses et d’interrogations face à
des lendemains incertains que le CNDD s’est retrouvé le 06,janvier 2010 ‘pour donner une autre orientation stratégique et une nouvelle impulsion à la transition, alors en panne.

Un acte de rupture dans lequel se sont inscrits les accords historiques de Ouaga qui ont permis de renouer avec l’espoir d’une transition apaisée fondée sur le consensus et une participation de tous les acteurs.

De nouveaux organes ont été déterminés - CNT, Gouvernement d’union nationale de transition-, et un calendrier électoral précis a été élaboré sur la base de la durée de la transition c’est-à-dire 6 mois.

De la date de signature de ces accords de sortie de crise à ce jour, ensemble, nous nous sommes employés à atteindre deux objectifs: l’organisation des élections et la restructuration des forces de défense et de sécurité.

Malgré un délai aujourd’hui jugé court, nous avons accompli des progrès dont il y a lieu d’être fiers et de se réjouir.

Nos forces de défense et de sécurité ont respecté le pacte républicain et accompagnent avec dévouement et loyauté la transition et gardent une neutralité totale face au jeu politique. Nous avons réussi le tour de force d’organiser les élections à la date prévue alors que jusqu’à la dernière minute, l’échéance paraissait incertaine.

Distingués invités,

Comme je l’ai dit, le mérite en revient aux guinéens qui, à partir de cet acquis considérable, se doivent de se mobiliser et de s’organiser pour que la transition tienne toutes ses promesses.

L’Armée est déterminée, pour sa part, à relever le défi en gardant sa sérénité actuelle et en redoublant de vigilance. Elle ne cédera ni à la provocation, ni à la tentation de se dédire en allant à l’encontre de la marche de notre histoire et de notre peuple.
Ma crainte, je dois l’avouer, dans notre quête et conquête quotidienne de démocratie et la volonté que nous partageons de jeter les bases d’un Etat viable et stable au-delà de l’enjeu immédiat des élections, tient à la lutte d’hégémonie que se livrent aujourd’hui les différents groupes politiques et ethniques du pays. ”
Tous les coups semblent permis”, ” la fin semble justifier les moyens” dans une bataille rangée qui ne respecte ni code d’honneur, ni éthique encore moins l’exigence de préserver l’unité de notre nation, la stabilité de notre Etat si vulnérable encore, fragilisé par de longues années de déficit démocratique et de crises fréquentes.

Je mets en garde ceux qui, pour des intérêts immédiats ou des ambitions douteuses veulent liquider les fondements de notre Etat et détruire notre nation, veulent saper l’unité nationale à travers des regroupements à caractère ethnique et régionaliste, des appels à l’épuration ethnique.
L’alliance de “tous pour un ” est aussi condamnable qu’une coalition de” tous contre un” car contraire à notre contrat social et l’intégrité de notre Etat.

J’appelle tous les guinéens pour prévenir le chaos et la division à s’opposer à tous ceux qui veulent les diviser, les braquer les uns contre les autres en déclenchant des passions inutiles, en suscitant de fausses tensions entre des communautés parfaitement intégrées.

Ce n’est pas le tout d’aller à des élections, il nous faut apprendre à vivre sous le règne de la démocratie en nous pliant à ses contraintes - entre autres obéissance à la loi et respect des institutions, pour bénéficier des opportunités qu’elle offre: la pleine jouissance de nos droits civiques et politiques.

Mesdames et Messieurs,

Nous ne voulons pas pour la Guinée des lendemains d’élections entachés de graves troubles à l’ordre publie et de violences meurtrières.

La démocratie doit faire notre bonheur et non pas nous conduire à un grand malheur, elle doit nous permettre d’avancer et non de reculer, de parvenir à un Etat démocratique et stable au service de développement, la démocratie ne doit pas rompre l’équilibre de notre nation pour favoriser l’instauration d’un Etat sauvage où règne l’anarchie et l’arbitraire, un climat de chasse aux sorcières.

Je demande à chacun d’œuvrer pour la paix et l’unité du pays en se gardant de tout repli identitaire et communautariste ; il n’est pas question que la Guinée soit prise en otage ou qu’elle soit ingouvernable parce que certaines ambitions seraient déçues.
A l’issue des élections, un seul candidat, un citoyen guinéen sera élu pour présider aux destinées de la Guinée.

Au tour de lui se fera l’unité de la Guinée, l’union des Guinéens si nous voulons enraciner la Démocratie et contribuer dès maintenant à l’émergence d’un Etat imprégné de certaines valeurs: la justice sociale, la sécurité des biens et des personnes afin de faire le bonheur de pour tous, la prospérité de chacun.

Pour ma part, je n’ai jamais eu la prétention d’être un surhomme capable de miracles, je me considère comme un homme qui, avec d’autres, rêve d’un grand destin pour notre pays : si on considère que je peux être un obstacle ou moi-même éprouve le sentiment d’être isolé dans mon combat, d’avoir perdu la confiance des uns et des autres, je ne forcerai rien pour ne pas aller à une confrontation de plus avec son cortège de malheurs, je m’en irai.

Je n’ai jamais cherché le pouvoir, il ne m’est jamais venu à l’esprit de le garder ou de le transmettre à quelqu’un en lieu et place du peuple dont la volonté s’exprimera dans les urnes pour déterminer qui me succédera.

Le pouvoir n’a jamais été pour moi un but. C’est par la force du destin et la volonté de Dieu que je me retrouve aujourd’hui au sommet de l’Etat guinéen.

C’est par un accident de l’histoire que je me trouve là où je suis. L’Armée m’a appris le sens du devoir et de l’honneur qui m’anime encore dans la mission que j’ai à accomplir.

Mais chacun doit comprendre que nous sommes unis pour le meilleur, je n’attendrai pas le pire pour encore verser des larmes et le sang de nos compatriotes.

Vive la République,

Vive la Démocratie,

Vive l’unité nationale,

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens.

Source : guinee.gov.gn/discours_presi_transition.php

Publié le Mardi 10 août 2010 dans Revue de Presse
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